La Vertu des steppes, petite révérence à la vie nomade

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La vertu des steppes

 
Marc Alaux nous convie dans ce livre à un plongeon dans l’océan des steppes.
Passionné par la Mongolie, il chante la splendeur de ce pays et nous donne sa vision du nomadisme, lieu privilégié de la redécouverte du sens du partage. 

La Vertu de la Steppe, Petite révérénce à la vie nomade.
Collection Petite philosophie du voyage, Editions Transboréal, 2010.

 

Marc Alaux et la Mongolie :  « Ma passion pour la Mongolie n’est pas un appétit d’enfant qui se contente d’une fois. C’est l’amour d’une vie, du moins je le crois. Revenu du premier voyage, j’entendis l’appel de la steppe au langage de laquelle j’étais devenu perméable. Je l’avais étudiée comme nombril des empires nomades ; j’en fis la maîtresse de mes rêves. [...] Elle agissait sur moi comme un philtre puissant dont les effets ne cessent pas, si bien que poussait en mon cœur une fleur sauvage, un désir de liberté qui ne se renie pas. J’aurais remué ciel et terre pour y retourner et oublier les matins amers auxquels condamne un salaire modeste. J’avais besoin d’enrichir ma vie d’une matière impalpable, de combattre le conformisme, l’hypocrisie, la soumission, d’échapper à l’écrasant urbanisme parisien et de braver les plans des architectes de notre destin. Mais pourquoi l’herbe sèche et la poussière volatile de ce plateau d’Asie me hantaient-elles ? [...]
Parce qu’une vision nouvelle de la Mongolie renaissait sur les ruines de mes illusions, je développais et je développe plus puissamment encore pour cette terre d’Asie continentale une attirance instinctive, une passion tenace qui m’oblige à découvrir tout ce qui s’écrit sur le sujet et me fait y retourner sans lassitude ni raison. [...]
On ne demande point la raison de l’amour d’une personne pour une autre ; quelle sottise la fait demander à propos d’un peuple ? J’ignore pourquoi je voyage en Mongolie comme j’ignore pourquoi j’aime une femme. Il me suffit de savoir comment il convient d’y retourner, comment il faut l’aimer. Existe-t-il une réponse à la question “pourquoi” qui n’altère pas la réalité ? Le motif importe moins que la manière : sac au dos, modestement, sans assistance ni guide ni sponsor, sans moyen d’orientation et de communication hormis la boussole et les courriers postés des villages. »